juin
12
2016

Nuits debout de Kinshasa : Non autorisé, le rassemblement des internautes dispersé à la place royale !

Ils n’ont eu que très peu de temps pour se réunir avant d’être délogés du lieu de rassemblement. Samedi soir, quelques dizaines d’internautes Kinois avait répondu à l’appel à manifestation lancé sur les réseaux sociaux pour protester contre l’explosion de prix de l’internet mobile.
L’activité qui devrait se tenir à la place royale en face de l’hôtel du gouvernement à la Gombe a vite été dispersée par la police qui a mis en déroute les quelques manifestations présents sur le lieu au motif que les organisateurs n’ avaient pas requis l’ aval de l’ autorité pour manifester.
« Nous avons vu la jeep arriver et la police a commencé à ramasser tout le monde qui n’ a pas voulu fuir », témoigne le bloggeur Liévin LUZOLO qui s’ est réfugié – lui, derrière les immeubles de l’ ex-OFIDA.
Sauve qui peut, débandade et c’est dans ces conditions que quelques manifestants ont été interpellés dont les journalistes Patient Ligodi, co-fondateur de Politico.cd et Fanfan NSUMPI, chroniqueur culturel à Télé 50.
‘’Les policiers sont venus vers nous en courant et nous avons tous pris chacun sa direction. C’ est là que les deux ont été arrêtés et conduits vers une destination inconnue ‘’, alerte un autre manifestant.
Au total, quatre journalistes ont été interpellés avant d’ être amenés à l’inspection provinciale de la police, ville de Kinshasa pour une brève audition.
‬ "Je viens de quitter le Commissariat de police où le Général Kanyama m'a remis les 4 journalistes qui étaient interpellés. Il s'agit de Patient Ligodi , Jacky Ndala, Fanfan Nsumpi et Suzanne Mukendi", annonce Kasonga Tshilunde, le président de l'Union nationale de la presse du Congo, quelques minutes plus tard après le sit-in.
Cette interpellation bien que brève avait enflammé la toile. Plusieurs internautes avaient exigé la relaxation immédiate des interpellés. Libre, Patient LIGODI a eu de mots justes.
« Merci à tous pour la mobilisation. Je suis en route pour la maison. Merci aux confrères et à Jed et l'UNPC pour support. Merci à ma famille »
Devant l’ hôtel du gouvernement, les manifestants ont voulu crier leur colère au sujet de l’ augmentation vertigineuse de prix de l’ internet mobile. Une hausse incommensurable, bourrue et concomitante du tarif des données Internet mobile, passant, sans aucune cause connue, de 10 à 500%, sur tous les réseaux des opérateurs de téléphonie mobile dénonce le président de l’ UNPC.
Dans un communiqué, Kasonga Tshilunde qui fait savoir que cette situation cause un grand préjudice à la presse nationale invite le ministère des PT-NTIC et l’ autorité de régulation des postes et télécommunications à tout mettre en œuvre pour rapidement remettre les choses en ordre, faute de quoi ajoute-t-il, l'UNPC s’engage à lancer une grande action de protestation sur toute l'étendue du pays.
Coté utilisateurs, l’indignation est totale. Là où il fallait payer 100 dollars pour avoir un forfait mensuel de 50 GB, il en faut désormais 800 dollars pour le même volume de connexion.
‘’Dans un paysage médiatique congolais caractérisé par la mutation numérique et où la presse en ligne demeure encore économiquement non rentable, cela risque de plomber cet élan entamé au prix des sacrifices de nombreux professionnels des médias qui s’acquittent de leurs obligations d’informer’’ s’alarme Eric TSHIKUMA, directeur général de Zoom Eco, un site internet spécialisé dans l’ actualité économique.
Pour l’heure, l’ avenir du numérique congolais est suspendu aux lèvres de l’ ARPTC, l’ autorité de régulation des postes et télécommunications à qui le vice-ministre des PT-NTIC a adressé une demande d’ explications sur la question.
Thomas LUHAKA étant lui – même sous le coup d’ une question orale avec débat à l’ Assemblé e Nationale à l’ initiative du député PALU, Patrick MUYAYA.

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