mai
18
2017

Pas de paix sans l'écoute des femmes

"Il n'y aura jamais de paix durable sans l'écoute des femmes". Tels sont les propos de Mme Marie Louise Baricako, présidente du Mouvement des femmes et des filles pour la paix et la sécurité(MFFPS) au Burundi. Un mouvement actuellement basé à Kigali-Rwanda, pays de refuge, suite à la crise politico-sécuritaire actuelle au Burundi.
"Si ils ne nous laissent pas entrer", fait-elle une pause, "nous ferons tout notre possible pour trouver un autre moyen".
Ces mots sont liés à la profonde volonté des femmes membres du MFFPS de participer dans le dialogue d'Arusha pour la paix au Burundi, un dialogue dans lequel les femmes ne sont pas représentées, selon Marie Louise Baricako.
Mme Baricako trouve que le dialogue ne donnera aucun remède durable si l'écoute des femmes continue à être ignorée.
Dirigé par Marie Louise Baricako, l'activiste burundaise de 64 ans, le groupe de 300 femmes et filles espère aider pour arrêter la continuité actuelle de l'écoulement du sang des innocents au Burundi, un pays guetté par un probable et atroce génocide, si rien n'est fait , selon Mme Baricako.

Ces femmes espèrent que leur voix sera entendue par le gouvernement du Président Nkurunziza, qui selon elles, mène une campagne d'intimidation et violences contre des citoyens opposant sa présidence, par la Communauté Internationale, la Communauté de l'Union Africaine, ainsi que par le Conseil des Nations Unies; tout ceci dans le but d'être acceptées dans le dialogue inter-burundais qui se tient à Arusha pour la Paix dans leur pays, le Burundi.

Au moment de l'interview, le groupe faisait une réunion, toujours autour de sa grande préoccupation, avoir à tout prix, le moyen de participer au dialogue pour pouvoir exposer ses idées, qu'il pense être utiles en l'apport de la paix et la sécurité durable au Burundi.
"Les femmes doivent à tout prix être incluses dans ce dialogue entre les leaders, ces vraiment impossible pour nous d'apporter n'importe quelle aide de l’extérieur du dialogue", renchérit Mme Baricako. "Il faut à tout prix que les organisateurs du dialogue comprennent l'importance de notre participation", rajoute-t-elle.

A peu près 400 000 burundais ont été obligés de fuir leur pays depuis le début de la crise politico-sécuritaire en 2015. L'Organisation des Nation Unies continue de parler d'une remarquable crise dans laquelle augmentent tout genre de tortures et de violences sexuelles commises par le groupe de la milice burundaise "Imbonerakure" contre les filles et les femmes. Les femmes ont été tabassées et violées par des gens armés, selon les rapport de Human Rights Watch.
Ceci étant l'un des facteurs choquants, pour Marie Louise Baricako et son groupe, du fait que les femmes, principales victimes de la crise, ne soient pas représentées suffisamment dans le dialogue pour la paix au Burundi.
"Personne n'ose dire la vérité au Président Burundais, tout le monde semble se contenter d'avaler les paroles du président que tout va bien et que tout est sous contrôle". "Mais ce n'est que mensonge", rajoute-t-elle avec un grand soupir.
Marie Louise Baricako et son groupe veulent apporter un grand soutien aux importantes victimes de ce genre de crise;"les femmes". Mais elle dit qu'un grand obstacle ne leur facilite pas la tâche.
Elle donne même un exemple à l'appuis, d'une de ses amies, plus jeune qu'elle, qui a été victime de violence sexuelle, mais qui n'a même pas le courage d'en parler, ni de porter plainte. "Ce genre de cas existent partout au Burundi, du jour au jour", dit-elle.

Marie Louise Baricako garde grand espoir dans le future du groupe MFFPS dont elle est dirigeante. Très récemment, elle et les autres membres se sont rencontrées avec les groupes des femmes dans la Communauté Est-africaine pour leur propre dialogue. Dialogue dans lequel elles ont créé un groupe chargé de plaidoyer pour la région, se focalisant sur la crise actuelle au Burundi et au Sud-Soudan. Mais aussi avec le but de mettre leur force ensemble et de continuer dans d'autres pays en cas de besoin.
Pour clore, Marie Louise Baricako dit:" Nous ne pouvons pas nous asseoir et attendre lorsque nos sœurs et mères sont violées, nos enfants tués et brutalisés, et d'autres utilisés dans ce genre de tueries contre leurs frères et sœurs. Quand nous devons y mettre fin et sauver notre Burundi".

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