jui
15
2017

Retour sur le séjour rocambolesque de Koffi Olomidé à Bujumbura

Du 29 juin au 10 juillet, le chanteur congolais Koffi Olomidé s'est rendu au Burundi pour deux concerts. Retour sur un séjour marqué par plusieurs événements pour le moins désagréables.

Lunettes de soleil, longue veste noire, barbe teintée, Koffi Olomide débarque le 29 juin à Bujumbura en vrai sapeur zaïrois. Sur le papier, il vient pour la « célébration du 10ème  anniversaire de l’entrée du Burundi dans la Communauté est-africaine ». Mais dans les faits la mission du chanteur semble aller bien au-delà de la simple célébration. Il faut montrer au monde entier que « Koffi peut venir au Burundi », que « la paix règne », que « le Burundi est un petit paradis ». Les communicateurs du régime tweetent à perdre haleine, comme Landry Sibomana, conseiller à la présidence.

Et l’accueil est à la hauteur de la mission. Le premier soir, Koffi apparaît dans un complet de jeans, côte à côte avec Gaston Sindimwo, le premier vice-président de la république, en mode relax, T-shirt et pantalon jaunâtres. Les clichés des deux hommes montrent une ambiance chaleureuse, au point que certains vont jusqu’à parler de « retrouvailles entre Congolais », en référence faite à l’enquête de l’hebdomadaire burundais Iwacu, en 2015, selon laquelle « le grand père de Gaston Sindimwo, Pierre Sindano, est un Congolais originaire d’île d’Ijwi à Bukavu ».

Le moment attendu

Le 1er Juillet, il réalise un deuxième show. Mais dès le lendemain, une vidéo polémique fait irruption sur les réseaux sociaux. On y voit une danseuse cueillir joyeusement des billets de banque, offerts par un public conquis, quand Koffi Olomide, courroucé, la saisit par les cheveux et la tire violemment par derrière. Une scène qui rappelle celle de Nairobi en juillet 2016, quand la star avait envoyé un sérieux coup de pied en plein bas-ventre à une autre de ses danseuses devant les caméras des journalistes, geste qui coûtera à l’artiste l’annulation de tous ses concerts.

À Bujumbura, soignant toujours la com’ autour du chanteur, on minimise les faits, à quelques exceptions près. Le coupable se trouve même une version pour se dédouaner : « La fille allait tomber ! » De l’autre côté, des voix, notamment d’activistes, dénoncent « un homme violent », «qui n’y va pas de main morte avec les femmes ». De leur côté, les internautes congolais s’agitent également.

Un scandale qui n’a cependant pas empêché Koffi d’aller récupérer son cachet à la Banque de la République du Burundi. Sourires, orgie de selfies… Twitter et Facebook sont inondés de poses de la star avec les autorités de la Banque, enveloppe bien fermée mise en avant. Combien contenait-elle ?

Un « escroc récidiviste »

Puis l’artiste décide de rester quelques jours à Bujumbura, ce qui prouverait que « la paix est une réalité », selon les thuriféraires du régime, ou que Koffi est « instrumentalisé par le pouvoir », martèlent les opposants. Toujours est-il que le séjour de la star se terminera par une autre mésaventure. Si Koffi Olomidé quitte le Burundi le 11 juillet, « ses danseurs et danseuses resteront une journée de plus, retenus à leur hôtel, le Sun Safari, faute d’avoir payé leurs consommations », explique Ikiriho, un site proche du pouvoir.

En cause : Shabani Ndayishimiye, a indiqué mercredi le 12 juillet le porte-parole de la police, qui l’accuse d’être un « escroc récidiviste ». Celui-ci aurait « volé tout l’argent collecté pendant les concerts », ajoutent des sources policières. Le Burundais, qui était sur tous les fronts, accueillant le chanteur, jouant au maître de cérémonie pendant les concerts, n’aurait pas payé l’ardoise de l’hôtel. Depuis, il a été arrêté au nord du Burundi. Affaire à suivre…

jeuneafrique.com

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