Présidentielle 2027 : Le CNDD-FDD déjà dans les starting-blocks
Au moment où rien ne semble bouger chez plusieurs formations politiques agréés au Burundi, le CNDD-FDD a déjà son pied dans l’élection présidentielle de 2027. Lors d’un congrès extraordinaire du 26 avril 2026 tenu à Gitega, le parti de l’Aigle a désigné Evariste Ndayishimiye comme candidat à sa propre succession. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile s’interrogent beaucoup sur les raisons du choix du candidat plus d’une année avant le scrutin et sur la priorité des actions par le CNDD-FDD face à la situation inconfortable dans laquelle se trouvent aujourd’hui les Burundais.
Le verdict est tombé après deux jours de croisade interconfessionnelle et de la retraite d’autoévaluation du comité central du parti. Dans la foulée de sa désignation comme candidat à la présidentielle de 2027, l’actuel chef de l’exécutif burundais a tracé les projets phares de son parti pour le prochain septennat.
Le président Ndayishimiye a réaffirmé son engagement à garantir la sécurité et la justice pour tous les Burundais. Il a appelé la population à préserver la paix qu’il considère comme pilier irremplaçable de tout développement tout en maintenant une mobilisation active contre la pauvreté.
Le ton a été parfois martial. « Travaillons dur, jour et nuit, mais restons vigilants », a-t-il martelé tout en insistant sur la nécessité de protéger les frontières nationales contre toute menace extérieure. Pour lui, seule une mobilisation collective et une vigilance constante permettront de consolider les acquis en matière de stabilité.

Alors que le pays fait face à de nombreuses crises multidimensionnelles depuis son accession à la Présidence de la République en 2020, le président Ndayishimiye a fustigé la dépendance économique du pays vis-à-vis de l’extérieur, qu’il juge incompatible avec la dignité nationale. « Je ne veux pas que nous prenions l’avion pour aller mendier, mais plutôt pour chercher des marchés d’écoulement pour nos produits » avant d’évoquer une diplomatie économique tournée vers la conquête de nouveaux débouchés.
Dans la même dynamique, le président a plaidé pour une exploitation rationnelle des ressources naturelles, en mettant l’accent sur les minerais et leur transformation locale. Il estime que produire sur place plutôt qu’exporter des matières brutes constitue le levier le plus sûr pour stimuler la croissance et créer des emplois durables.
Sur le secteur de l’éducation, qui s’est fortement dégradé au cours de ces deux dernières décennies selon plusieurs analystes, le candidat du CNDD-FDD a insisté sur le rôle central qu’il place dans l’éducation dans le fondement de toutes ses ambitions. « Le Burundi doit former une génération de Burundais instruits, compétents et capables d’innover » tout en insistant qu’il s’agit d’une condition sine qua non pour assurer un développement durable. Le message de fond, lui, n’a pas varié : le Burundi doit compter sur ses propres forces.
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