Depuis la réapparition de la souche Bundibugyo du virus Ebola en RDC, plus de 1 000 personnes ont été infectées tandisque plus de 220 en sont décédées. En Ouganda, neuf cas ont été recensés, dont un mort.
Face à cette situation dans les pays voisins, le Rwanda a renforcé ses mesures de prévention. Parmi celles-ci figurent le dépistage des symptômes d’Ebola aux postes-frontières reliant le Rwanda à la RDC et à l’Ouganda, ainsi qu’à l’Aéroport international de Kigali.
Les autorités ont également décidé d’interdire l’entrée sur le territoire aux ressortissants étrangers ayant séjourné en RDC au cours des 30 derniers jours.
Les citoyens rwandais ainsi que les détenteurs d’un permis de résidence au Rwanda sont, quant à eux, autorisés à rentrer dans le pays, mais doivent d’abord être placés en quarantaine.
Lors d’une intervention accordée à la RBA ce vendredi 29 mai 2026, le ministre de la Santé a insisté sur le fait qu’aucun cas d’Ebola n’a été détecté au Rwanda jusqu’à présent.
« Ebola n’a jamais été signalé au Rwanda et, aujourd’hui encore, aucun cas n’y a été enregistré. L’épidémie dont il est question a commencé en République démocratique du Congo, où plus de 1 000 personnes auraient déjà été infectées et plus de 200 sont décédées. Des cas ont également été confirmés en Ouganda, notre pays voisin, où neuf personnes ont contracté la souche Bundibugyo du virus Ebola », a déclaré Dr Sabin Nsanzimana.
Le ministre a toutefois indiqué que certaines personnes font actuellement l’objet d’un suivi sanitaire rapproché au Rwanda. Aucune d’entre elles ne présente, à ce stade, de symptômes de la maladie.
Il a tenu à rassurer la population en soulignant que les services de santé poursuivent leurs efforts afin que le virus ne franchisse pas les frontières du pays.
« La première chose que je voudrais dire est de rassurer les Rwandais. Des épidémies comme Ebola apparaissent parfois dans notre région et nous nous préparons à y faire face. Notre objectif est que le virus n’atteigne pas le Rwanda. Aujourd’hui, les principaux foyers se trouvent en RDC et en Ouganda. Nous suivons la situation de très près afin que l’épidémie ne traverse pas nos frontières. C’est actuellement notre priorité absolue », a-t-il déclaré.
Une souche rare et difficile à détecter
La souche Bundibugyo du virus Ebola a été identifiée pour la première fois en Ouganda entre 2007 et 2008. À cette époque, elle avait infecté 149 personnes et causé 37 décès. En 2012, elle avait réapparu en RDC, dans la région d’Isiro, où 57 personnes avaient été contaminées et 29 étaient mortes.
Selon Dr Nsanzimana, cette variante est particulièrement préoccupante en raison des difficultés liées à son dépistage.
« La souche Bundibugyo présente certaines particularités. Elle est difficile à diagnostiquer, aucun vaccin n’est encore disponible et aucun traitement spécifique n’a été développé. Cette forme du virus est relativement rare parmi les différentes souches d’Ebola, ce qui explique les inquiétudes qu’elle suscite à travers le monde. Tous les pays se préparent à y faire face, mais pour nous, la situation est encore plus sensible puisque nous sommes voisins des pays touchés. Chaque Rwandais doit contribuer aux efforts de prévention », a-t-il expliqué.
Le ministre a également mis en garde les personnes qui pourraient être tentées d’entrer dans le pays par des voies non officielles, rappellant que les Rwandais revenant des pays touchés sont autorisés à rentrer, mais qu’ils doivent être suivis pendant une période de 21 jours avant de reprendre leurs activités habituelles.
« Ces mesures sont déjà appliquées. Cependant, certaines personnes pourraient tenter d’entrer dans le pays par des voies non officielles, communément appelées “panya”. Nous leur rappelons qu’il s’agit non seulement de leur propre santé, mais aussi de celle de leurs proches et de l’ensemble de la population. Jusqu’à présent, les citoyens respectent les consignes et nous les en remercions », a-t-il souligné.
Le commerce transfrontalier maintenu sous certaines conditions
Malgré le renforcement des mesures de prévention, le gouvernement assure que les activités commerciales transfrontalières ne seront pas suspendues.
Selon Dr Nsanzimana, l’objectif est plutôt de réduire les déplacements de personnes tout en permettant la circulation des marchandises.
« Les échanges commerciaux ne peuvent pas être interrompus. Ce que nous recherchons, c’est une organisation permettant de limiter les mouvements. Au lieu que 20 000 personnes traversent quotidiennement la frontière, quelques représentants peuvent transporter les marchandises pour le compte des autres commerçants et assurer leur retour. Plus les déplacements sont nombreux, plus le risque d’importer la maladie augmente », a-t-il expliqué.
Les habitants vivant à proximité des frontières avec les pays touchés ont enfin été appelés à faire preuve de vigilance et à signaler toute situation suspecte afin de contribuer à la prévention et à la lutte contre une éventuelle introduction du virus Ebola au Rwanda.
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