aoû
18
2021

« Fire Cine », feu !

Sur son compte whatsApp, elle se nomme elle-même, « Fire Cine ». C’est vrai, Francine Niyonsaba est une fille de feu, un mental d’acier. Elle a raconté à Iwacu son expérience au Japon.

Alors que les instances de l’athlétisme international lui avaient interdit de courir son épreuve préférée, les 800 mètres, « Fire Cine », nullement abattue, s’est repliée sur les 10 000 mètres. Elle va courir aux côtés de grandes athlètes de renom, comme celle qu’on surnomme la « flèche », la Hollandaise Hassan Sifani. Il faut vraiment du courage de passer du 800 mètres au 10 000 mètres. Et justement, à quoi pense-t-elle quand elle court : « La première chose qui me vient à l’esprit quand je concours, c’est le refus de la peur. Je suis une athlète expérimentée, je me dis que j’en suis capable. Je viens d’un milieu modeste, représenter mon pays à l’étranger, c’est quelque chose de très précieux. Un honneur pour celle qui m’a mise au monde, pour moi-même et pour le pays. »

Francie raconte qu’elle sait que beaucoup de gens scrutent ses faits et gestes, des jeunes la regardent porter le titre d’athlète de haut niveau sur le plan international. « Ce que je fais ne concerne pas que moi,mais tout un pays », elle « carbure » sur cette motivation.

A Tokyo, à la surprise générale, elle va finir 5ème. Une belle performance, selon tous les spécialistes et commentateurs sportifs. « Fire-Cine » se souvient d’une course très dure : « A Tokyo, les compétitions se sont déroulées dans un climat d’extrême chaleur et une humidité terribles. Ce qui explique pourquoi certains athlètes, même parmi les plus renommés, n’ont pas pu aller au bout des tournois. Mais cela est tout à fait normal et ça peut arriver à n’importe qui, car le corps a ses limites. Parfois, au lieu de prendre des risques pour sa santé, il vaut mieux arrêter. »

Francine Niyonsaba est satisfaite de sa performance à Tokyo. Elle va continuer à s’entraîner au Kenya « avec le coach des athlètes kenyans ». Elle est admirative de l’engagement de certains pays, comme le Kenya, pour la promotion du sport et le soutien aux athlètes. « Je n’ai pas de soutien de la part de mon pays pour les entrainements », regrette-t-elle. «
Elle dit aimer son pays et souhaiterait que ses performances servent d’exemple aux jeunes. Mais, selon elle, c’est difficile de progresser quand on est privée de soutien. “Savoir que l’on est soutenu est un bon réconfort, pas seulement lorsque vous allez prendre part à des compétitions. Et ça devient paradoxal que le pays, veuille obtenir une médaille.” Elle rappelle un proverbe rundi qui dit que “la vache ne donne du lait que parce qu’elle a été bien nourrie.”( on dirait, retour sur l’investissement).

Mettre en place une loi sur le sponsoring

Francine Niyonsaba après sa course aux JO de Tokyo. crédit photo (Francine Niyonsaba)
Sans être amère ou rancunière, Francine Niyonsaba pointe par exemple le manque d’habillement, de chaussures, surtout, dit-elle « quand tu te rends compte à quel point les athlètes d’autres pays sont dans de bien meilleures conditions matérielles”. Des fois, dit-elle, parfois “tu sens marginal.”

Mais elle ne perd pas espoir. Elle croit que les autorités et les gestionnaires du sport burundais vont “évoluer » et améliorer la situation de nos athlètes. Elle a même une suggestion : “L’Etat devrait mettre en place une loi de sponsoring qui permettra aux athlètes burundais de participer dans les grandes compétitions en étant pleinement soutenus, avec le sourire, de beaux vêtements et des chaussures fournis par le Burundi.”

Rien ne semble l’arrêter et, après Tokyo, on va encore la voir sur les pistes. « J’ai la patience, la persévérance et la détermination. Des dons que Dieu m’a faits et qui sont la clef du succès”. Et puis, “j’aime le Burundi”, conclut-elle.

Alors, à vos marques, prêts ? Feu ! Go ahead, “Fire Cine !”

https://www.iwacu-burundi.org/fire-cine-feu

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