Dans un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI), diffusé ce jeudi soir sur les plateformes du média, le chef de la diplomatie rwandaise a aussi noté le fait que Kigali avait également informé Washington des déplacements effectués à Kinshasa par Jean-Luc Habyarimana, fils de l’ancien président Juvénal Habyarimana, ainsi que par Fabien Singaye – ancien diplomate influent du régime Habyarimana – parrains actuels du groupe génocidaire.
« C’est au médiateur américain que nous avons remis toutes les informations qui précisent la collaboration continue entre le président Tshisekedi, son armée et les FDLR, mais aussi l’organisation politique qu’il tente de mettre en place à travers des personnalités qui vivent ici (en France). »
« J’ai parlé de Jean-Luc Habyarimana. Il y a aussi Fabien Singaye et d’autres qui se rendent à Kinshasa. Jean-Luc Habyarimana a lui-même été filmé à Kinshasa, et c’est préoccupant. »
Olivier Nduhungirehe a également réitéré le fait que, malgré l’accord de paix signé l’année dernière entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, Kinshasa ne manifeste aucune volonté politique de le respecter. Il a affirmé que les autorités congolaises ne cherchent pas à neutraliser les FDLR, accusant plutôt une continuité du soutien militaire apporté au groupe armé.
Évoquant les opérations militaires entreprises, il a notamment cité le déplacement du vice-chef d’état-major des FARDC, le lieutenant-général Jacques Ndulu Ychaligonza, le 29 mars 2026 à Kisangani, où celui-ci avait annoncé le lancement d’opérations de démantèlement des FDLR.
« Deux jours après, le 31 mars, ils ont plutôt envoyé des hélicoptères à Walikale pour donner des armes, des munitions et de l’argent aux mêmes FDLR. Nous avons donné cette information aux Américains. »
Le 27 juin, le conseiller principal pour l’Afrique au sein du Département d’État américain, Massad Boulos, avait déclaré devant le Conseil de sécurité des Nations unies que la RDC ne respectait pas ses engagements de neutraliser les FDLR dans les zones sous son contrôle.
Cependant, le ministre Nduhungirehe déplore le fait que, malgré ces constats, aucune mesure ferme ne soit entreprise à l’encontre de la RDC, le Rwanda étant le seul à faire l’objet de sanctions, remettant en cause la partialité du médiateur.
« Les États-Unis admettent que la partie congolaise n’a pas mis en œuvre ses obligations de neutralisation des FDLR. Ils reconnaissent également que des attaques de drones ont été intensifiées, comme l’a aussi relevé la dernière déclaration du Groupe international de contact.
Mais lorsqu’il s’agit de sanctions, il n’y a que le Rwanda qui est sanctionné. Il y a donc un problème, et cela nous ramène à notre opinion sur la médiation. Nous sommes déçus par sa partialité, qui est de plus en plus flagrante et criante », a-t-il indiqué.
Le ministre Nduhungirehe a enfin indiqué que les accords de Washington n’avaient pas besoin d’être renégociés, mais simplement d’être mis en œuvre, insistant sur la nécessité d’une volonté politique, « tant de la part de Kinshasa pour les appliquer que de Washington pour faire pression sur les parties, et surtout sur Kinshasa, afin qu’il s’engage dans une mise en œuvre effective des accords signés. »
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