aoû
21
2015

L’approbation de Gaston Sindimwo au poste du Premier Vice- Président de la République du Burundi, une surprise pour plus d’un.

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indundi.com

C’est dans l’après-midi de ce jeudi que le parlement a procédé à l’approbation des deux vice - présidents de la République du Burundi. Cette approbation concernait deux personnalités, Gaston SINDIMWO et Prof. Joseph BUTORE du CNDD-FDD respectivement pour la première vice-présidence et la deuxième vice-présidence. Ces noms ont été présentés par le Président Pierre NKURUNZIZA au parlement burundais.

Gaston Sindimwo était jusqu’ici secrétaire général du parti UPRONA, aile de Concilie Nibigira. Son parti n’avait eu que 2 % du suffrage dans les élections législatives et communales. A côté de son diplôme de technicien A3, une certaine opinion pensait que le parti CNDD-FDD ne pouvait pas oser lui offrir un tel poste malgré sa loyauté au parti présidentiel, surtout que son parti ne réunit pas les 5% du suffrage exigés aux partis politiques pour entrer au Gouvernement.

Conformément à l’article 124 de la constitution du Burundi, les Vice-Présidents appartiennent à des groupes ethniques et des partis politiques différents. Sans préjudice de cet alinéa, il est tenu compte, dans leur nomination du caractère prédominant de leur appartenance ethnique au sein de leurs partis politiques respectifs. Selon un membre de la coalition Amizero d’Agathon Rwasa qui a requis l’anonymat, cet article est clair : « Rien n’empêche un parti politique d’avoir un vice-président même s’il n’est pas éligible à la formation du Gouvernement. Il faut bien faire un distinguo entre l’article 124 et l’article 129 de la constitution du Burundi. Le premier pose les conditions pour les vice-présidents et le second pour la formation du Gouvernement. » A-t- il conclu.

Si l’approbation des vice-présidents n’a pas posé des problèmes, la formation du Gouvernement risque de poser un problème. L’article 129 énonce : « Le Gouvernement est ouvert à toutes les composantes ethniques. Il comprend au plus 60% de Ministres et de Vice-Ministres Hutu et au plus 40% de Ministres et de Vice-Ministres Tutsi. Il est assuré un minimum de 30% de femmes. Les membres proviennent des différents partis politiques ayant réuni plus d’un vingtième des votes et qui le désirent. Ces partis ont droit à un pourcentage, arrondi au chiffre inférieur, du nombre total de Ministres au moins égal à celui des sièges qu’ils occupent à l’Assemblée Nationale… »

Or, seul le parti au pouvoir réunit les conditions pour entrer au Gouvernement pendant que la deuxième formation politique est une coalition « Amizero y’Abarundi ». Conformément à cet article, les coalitions n’entrent pas au gouvernement. Cet article avait été rappelé par le Ministre de l’Intérieur, pendant la formation de ces coalitions avant les élections.

Pour le moment ce problème pourrait bientôt trouver solution en suivant l’intention du Chef de l’Etat Pierre Nkurunziza de modifier cet article, pour permettre aux autres formations politiques de participer au prochain gouvernement du Burundi, pendant son discours après sa prestation de serment. Ce qui est sûr cela sera sans enjeux majeur au parlement, majoritairement composé par les députés issus du parti présidentiel, le CNDD-FDD.

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