mai
20
2015

Le Journal Iwacu reprend ses activités

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Iwacu

Le Groupe de presse IWACU a animé une conférence de presse ce mardi 19 mai pour annoncer la réouverture de ses productions après cinq jours d’arrêt, suite à l’insécurité. Une initiative très saluée.

Antoine Kaburahe, directeur du Groupe de presse Iwacu : «Nous devons continuer à travailler, malgré la peur au ventre. Nous refusons la pensée unique, car nous savons que les Burundais veulent la pluralité des opinions. » Antoine Kaburahe, directeur du Groupe de presse Iwacu : «Nous devons continuer à travailler, malgré la peur au ventre. Nous refusons la pensée unique, car nous savons que les Burundais veulent la pluralité des opinions. »
Dans son mot liminaire, le Directeur du Groupe, Antoine Kaburahe, a d’abord souligné que les medias au Burundi vivent une véritable tragédie qui coupent le Burundi du reste du monde alors que le pays vit des moments difficiles. « Le monde des medias paie un lourd tribut. Iwacu a eu plus de chance en échappant à la rage destructrice des ennemis de la liberté d’expression. Menacés, traumatisés par ce qui venait d’arriver aux confrères, nous avons cessé de travailler » a indiqué M. Kaburahe qui a souligné que ce black-out des medias fait le lit des rumeurs et laisse le champ libre aux comploteurs. Pour lui, ce que ce qui est arrivé aux médias indépendants est un « vrai gâchis, une régression » des medias  pourtant respectés dans la sous-région et à l’étranger.

« Cependant, à la veille des élections, nous devons continuer à travailler, même avec la peur au ventre. Nous refusons la pensée unique car nous savons que les Burundais veulent la pluralité des opinions », a précisé le directeur du Groupe de presse Iwacu. Pour Antoine Kaburahe, aucun développement, n’est possible sans la liberté d’expression. Il a conclu  son allocution par la légende du colibri, ce petit oiseau d’Amérique du Sud. Un jour, dit la légende racontée par Kaburahe, il y a eu un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Le petit colibri avec son petit bec, allait chercher quelques gouttes d’eau pour les jeter sur le feu pour essayer d’éteindre l’incendie. Alors un autre oiseau s’est moqué du petit colibri et lui a dit « Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le petit colibri  a répondu : « Je le sais, mais je fais ma part. »Mesdames, Messieurs, “Iwacu veut faire sa part” a conclu le journaliste et écrivain.

« Nous sommes tombés dans l’absurdité la plus totale ! »

« Quelle presse ? Il n’y a plus de presse au Burundi » a martelé d’emblée Innocent Muhozi, président de l’OPB, l’Observatoire de la Presse Burundaise, emboîtant le pas au directeur du Groupe de presse Iwacu. Il a dénoncé l’attaque et la destruction des médias par des policiers, alors que la liberté d’expression est garantie par la Constitution.  Il a dénoncé ces policiers qui lui ont empêché d’entrer dans les locaux de la Radio télévision Renaissance, dont il est le directeur, et qui est parmi les médias récemment attaqués et détruits. « Nos sommes tombés dans l’absurdité la plus totale. Des collègues se cachent, d’autres ont fui, et ceux qui sont ici vivent dans l‘angoisse. Ce pays est en train d’aller à la catastrophe de manière claire et nette », a averti Innocent Muhozi. Pour lui, « il faut faire quelque chose pour limiter la descente aux enfers, » M.Muhozi a néanmoins remercié le conseiller spécial du président de la République, Willy Nyamitwe qui était présent et qui a indiqué que « les medias vont bientôt rouvrir. »

Willy Nyamitwe : « les medias vont bientôt rouvrir. »Willy Nyamitwe : « les medias vont bientôt rouvrir. »
Cependant, Willy Nyamitwe, a nuancé ces propose et souligné que la présidence de la République n’a pas promis que les medias allaient bientôt rouvrir, mais qu’elle a plutôt condamné les attaques contre les médias et qu’elle espère qu’elles seront bientôt fonctionnelles. « Mais nous devons d’abord laisser le ministère public faire ses investigations pour inventorier les pertes subies et mettre la main sur les coupables pour qu’ils soient punis selon la loi » a précisé M. Nyamitwe. Il a estimé que les medias attaqués et détruits ne pourront travailler qu’après ces enquêtes, en espérant qu’elles seront rapides.

Une initiative saluée…

« Je n’en sais rien, personne ne sait ce qui va se passer demain. Mais nous avons pris l’option de continuer notre mission d’informer, malgré les risques encourus » a répondu Antoine Kaburahe à une journaliste qui lui demandait s’il ne craignait pas pour la sécurité des journalistes et des locaux d’Iwacu.

Cette conférence de presse organisée par le Groupe de presse Iwacu a connu la participation des médias, internationaux et locaux, du moins ceux qui fonctionnent, ainsi que la présence de plusieurs ambassadeurs accrédités au Burundi, notamment celui des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la France, de la Hollande, la Belgique, l’Allemagne, la Directrice de la Coopération suisse,…

Tous les invités souhaitent la réouverture des medias privés et saluent le décision du Groupe de presse Iwacu.

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