déc
18
2015

Le phénomène El Nino fait peur

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Claver MBONOMPAYE, conseiller technique et en charge du développement en Commune Ruyigi

Ça fait quelques mois que l’Institut en charges de suivre les changements climatiques et donner des prévisions en rapport avec la pluviométrie (IGEBU) parle du phénomène El Nino au Burundi. Les agents de l’IGEBU présageaient beaucoup de pluie au cours de la première saison culturale. Ces prévisions sont devenues une réalité dans les provinces de l’Est du pays.

Le conseiller en charge du développement en Commune de Ruyigi de la Province Ruyigi, MBONIMPAYE Claver, confirme que les conséquences des pluies diluviennes sont perceptibles sur terrain. Les cultures maraîchères sont emportées par les inondations, les semences de la saison culturale A (Agatasi) sont rasées par les eaux de ruissellement à grandes vitesse et la montée des prix des denrées alimentaires sur le marché devient de plus en plus sensible. « Il y a beaucoup de conséquences en ce qui concerne ces pluies torrentielles de ces jours ci. Par exemple, aujourd’hui nous observons la flambée des prix sur le marché à cause de ces pluies diluviennes qui ont emporté les récoltes des marins » ; souligne-t-il.

L’administration commence à craindre la continuité de la montée verticale des prix des denrées alimentaires. « Nous voyons qui les prix vont monter beaucoup étant donné que c’est pour la première fois que le Kilo de haricots arrive à 1200, 1300 voire 1400 chez nous » ; s’inquiète le conseiller en charge du développement en commune Ruyigi.

Pourtant, la population était déjà avertie sur le phénomène d’El Nino. « L’IGEBU ait déjà averti la population que la pluie va tomber beaucoup dans ces jours ci, surtout les premiers mois de la période pluvieuse et qu’elle est appelée à cultiver les plantes qui résistent à la pluie » ; rassure Claver MBONIMPAYE.

Les conséquences des quantités inhabituelles des pluies sont également remarquables dans d’autres provinces du pays. « Si nous ne n’aurions pas une aide venant de quelque part, nous n’aurons pas les semences d’haricots pour la saison culturale B communément appelée ‘Impeshi’ » ; s’expriment les cultivateurs de la Province Cankuzo. Et comme cause, disent-ils, « la pluie a emporté le haricot des marais ainsi le haricot de la saison culturale A ».

A toutes fins utiles, définition du phénomène El Nino.

Généralement, les eaux du Pacifique-Est (zone du continent américain) sont plus froides que celles du Pacifique-Ouest (Asie). Cet écart de température est provoqué par les alizés. Ces vents réguliers soufflent en effet d'est en ouest le long de l'Equateur, et en balayant l'océan, ils entraînent les eaux de surface vers l'Océanie et l'Indonésie. Résultat : à l'est, des eaux froides remontent des fonds marins pour remplacer les volumes transportés par les vents.

Mais lorsque les alizés faiblissent, les eaux de surface ne se sont plus déportées vers l’ouest et les courants froids ne remontent plus des fonds marins. Les eaux plus chaudes de la partie occidentale du Pacifique, quant à elle, avancent vers l’est et réchauffent cette zone de l’océan.
Résultat : la température des eaux du Pacifique-Est augmente de 4 à 6°C. C'est ce réchauffement inhabituel que l'on nomme El Niño.

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