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22
2016

Les ressources en eau menacées par les activités de l’homme

Le Burundi célèbre la journée internationale de l’eau au moment où le domaine des ressources en eau est menacé par les activités de l’homme. Quelques exemples illustrent cet état. Le Lac Tanganyika est l’une des étendues d’eau dont dispose le Burundi. Il est situé à l’Ouest du Burundi. Il regorge une biodiversité très variée. Il est le réservoir d’eau consommée par les habitants de la ville de Bujumbura et des autres localités. Ce Lac sert aussi un moyen de communication et d’échange entre le Burundi et d’autres pays de Grands Lacs et ceux du SADEC. C’est un lieu beaucoup envié par les visiteurs, vu sa plage sablonneuse et sa biodiversité à contempler.
Mais malheureusement, les activités de l’homme deviennent de plus en plus nuisibles à ces réalités attirantes. On peut citer entre autres la pollution due à des déchets déversés dans ce lac, des moyens inadéquats de pêche, des constructions en violation du Code de l’eau et d’autres. Tout cela entraine la dégradation, non seulement du Lac mais aussi de tout le système environnemental et partant, compromet les avantages attendus de ce Lac. Le pays dispose également d’autres Lacs et rivières qui sont, à leur tour, aussi menacés par les activités humaines.

Pour pallier à ce phénomène, l’expert et professeur de l’Université du Burundi, Théophile Ndikumana, demande le respect des lois et l’implication effective des élus locaux pour la préservation de l’environnement. Pour le Président du Club de la protection du Lac Tanganyika, Emmanuel Masumbuko, les usines de production installées au bord des cours d’eau et dont le degré de pollution est énorme doivent se voir retirées les permis d’implantation. En outre, Emmanuel Masumbuko demande à ce niveau aux instances habilitées de délivrer les permis d’implantation d’une usine après avoir vérifié ses impacts environnementaux.
Pour le Directeur Général des ressources en eau et l’assainissement, Ir. Ndorimana, la protection effective de l’eau demande l’intervention de tous les services. « Le respect du Code de l’eau nécessite la collaboration de la direction générale de l’eau avec les directions générales en charge de l’urbanisme et de l’habitat » ; dixit Ir. Emmanuel Ndorimana.
La dégradation s’observe alors que la loi est claire dans ce secteur.
Le Code de l’eau définit en premier lieu les principes directeurs pour la gestion intégrée des ressources en eau. D’abord, la reconnaissance de la valeur économique de l’eau ; coopération régionale et internationale dans la gestion des ressources en eau ; bonne gouvernance du secteur de l’eau ; pérennisation des services d’eau ; participation des acteurs de l’eau ainsi que le principe de responsabilité.
Afin de pouvoir protéger les cours d’eau, l’article 13 du Code d’eau stipule que « les fonds riverains d’un cours d’eau ou d’un lac sont grevés, sur chaque rive à partir des limites du domaine public hydraulique, d’une servitude de marchepied d’une largeur de quatre mètre, destinée a assurer le libre passage du matériel et des engins de contrôle, de curage, d’entretien et d’exploitation. Sur cet espace de marchepied, il ne doit être aménagé aucune construction, clôture ou plantation a l’exception des plantations de nature à protéger ou à stabiliser, embellir ou orner les bords des cours d’eau et lac ».
Quant à la protection qualitative et quantitative des eaux, l’Etat peut, si l’intérêt général le justifie, prendre des mesures particulières de protection et notamment instaurer des périmètres de protection. L’article 45 stipule : A l’intérieur de protection, les dépôts, installations et activités de nature à nuire directement ou indirectement a la qualité de l’eau ou à la rendre impropre à la consommation, sont interdits. Cette interdiction porte principalement sur les dépôts d’ordures, d’immondices et de détritus ; l’épandage du fumier, l’abreuvement, le parcage ou l’élevage d’animaux ; l’exploitation de carrières ou autres substances minérales à ciel ouvert ; l’installation des canalisations des eaux usées de toutes nature ; l’installation de cimetières ; le dépôt des boues de vidange des fosses septiques.
Ce Code de l’eau prévoit, en son article 52, que l’auteur de la pollution soit astreint au paiement d’une indemnité dont le montant est proportionnel au degré de pollution causée.
Dr. Ir. Samuel Ndayiragije, Directeur Général de l’OBPE, les sanctions sont moins contraignantes. Il trouve que pour décrocher le pari dans la préservation des forêts, il faudrait adapter les sanctions au contexte actuel.

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