jui
05
2015

Abdoulaye Bathily, médiateur dans le conflit burundais récusé par le CNDD-FDD.

Le parti au pouvoir au Burundi et ses alliés ont récusé, dimanche 5 juillet, le nouveau médiateur dans la crise burundaise, le Sénégalais Abdoulaye Bathily, accusé d’avoir « manqué gravement au respect de la souveraineté du pays ». « Le parti CNDD-FDD demande à M. Bathily de démissionner de son poste de facilitateur dans la crise burundaise parce qu’il a manqué gravement au respect de la souveraineté du pays et s’est donc lui-même récusé », a annoncé à l’AFP son porte-parole, Gélase-Daniel Ndabirabe.
Le CNDD-FDD lui reproche de ne pas s’être « annoncé »

Abdoulaye Bathily, représentant spécial de l’Onu pour l’Afrique centrale, a été nommé à la tête de la médiation onusienne mi-juin à la place de Said Djinnit, qui avait jeté l’éponge lui-même le 11 juin, après avoir été récusé par les adversaires du camp présidentiel qui le jugeaient partial. Le CNDD-FDD reproche notamment à Abdoulaye Bathily de ne pas « s’être annoncé » dès son arrivée chez les plus hautes autorités du Burundi dont le président Pierre Nkurunziza, mais d’avoir plutôt privilégié des diplomates et l’opposition et d’avoir demandé un report des élections.

« Le parti annonce (…) qu’il retire toute sa confiance en ce représentant du secrétaire général de l’Onu et lui demande de déposer lui-même sa démission puisqu’il s’est récusé avant d’avoir commencé son boulot », a insisté M. Ndabirabe.
L’Onu accusée de « pressions » sur la Menub

Ce rejet de la médiation d’Abdoulaye Bathily survient après sa « récusation » samedi et dimanche matin par les alliés du CNDD-FDD de l’aile reconnu par le gouvernement du principal parti tutsi Uprona et de plusieurs autres petits partis regroupés dans la coalition Copa. Le porte-parole du parti présidentiel a également accusé l’Onu « d’avoir fait pression » sur la Mission électorale des Nations unies au Burundi (Menub) « pour refuser la volonté du peuple exprimée à travers des élections ».

Un rapport de la Menub avait estimé jeudi que les élections législatives et communales du 29 juin s’étaient déroulées « dans un environnement qui n’était pas propice à la tenue d’un scrutin libre, crédible et fédérateur ».

SOURCE AFP

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