jui
13
2015

L’attaque armée contre les militaires en commune Bukinanyana et Kabarore : l’heure du bilan

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Pacifique Cubahiro

Ce lundi, le porte-parole des forces armées burundaise le colonel Gaspard Baratuza avait donné rendez-vous aux journalistes à Ndora en commune Bukinanya. L’objectif était de faire le point sur le bilan des récents affrontements entre des militaires et des éléments armés retranchés dans la foret de la Kibira vendredi dernier dans cette commune de la province Cibitoke et Kabarore de la province de Kayanza.
Le bilan est lourd du côté des assaillants : 31 morts et 170 assaillants capturés. Il affirme que du côté des militaires, six ont été blessés. Après sa déclaration à la presse, le colonel Gaspard baratuza a montré aux journalistes, les armes saisies : 4 mitrailleuses, une lance-roquette, plusieurs fusils d’assaut, des groupes électrogènes.
Après, c’était le tour des assaillants capturés à une dizaine de kilomètres au chef- lieu de la commune Bukinanyana : des jeunes comme des personnes âgées. Certains se couvrant des capuchons d’autres regardaient les journalistes avec un air ébahi. Ce fut l’heure des témoignages devant les journalistes sous l’œil vigilant des policiers et militaires et sous la présence de Tabu Abdallah, Vice président du conseil national de la communication, CNC.
Des témoignages allaient dans tous les sens car les captifs sont de plusieurs catégories : des personnes en camps de déplacés au Rwanda qui ont été forcées d’intégrer un mouvement qu’ils ne connaissent pas, des gens de Cibitoke, Bubanza, Kirundo, etc. D’autres disent qu’ils étaient dans de véhicules en partance au Rwanda et ont été somme de quitter les véhicules vers des destinations inconnues. Le cas atypique est celui de Major Gervais qui affirme avoir était envoyé par les services de renseignements burundais. Dès qu’il a été capturé, il a vite déroulé un carnet d’adresse des personnes qui lui ont confié la mission. Certains encore reconnaissaient dans les vagues les chefs de commandement et au sommet le général Godefroid Niyombare, ancien patron des services de renseignements et le commandant en chef des putschistes du 13 mai dernier.
selon ces témoignages, la formation a duré moins d’un mois, dans une région loin de Kigali. Ils ont traversé la forêt de Nyungwe au Rwanda, escortés,je cite « par des militaires rwandais près de la frontière coté Kabarore". Ils disent être autour de 470. Tous étaient armés de kalachnikov. Beaucoup de ces gens disent s’être rendus sans armes pour la plupart. Ils ont du les abandonner de peur d’être tués. A notre arrivée, une dizaine de personnes capturées s’étaient rendues sous escorte militaire et policière dans la forêt de la Kibira pour les ramener.
Ce lundi des tirs à l’arme lourde se faisait encore entendre, on voyait des militaires et policiers prêts pour le champ de bataille. Des voitures de polices amenaient d’autres captifs. Dans l’après midi, ces captifs ont été transférés au lycée de Cibitoke, une situation qui a semé la panique du coté des élèves en examens de repêchage.
Le porte parole de l’armée a nié l’information sur d’éventuelles pertes en vie humaine côté de l’armée, ni celles des militaires qui auraient fait défection pour rejoindre le camp ennemi. La question sur le probable soutien du Rwanda à ce groupe armé est restée sans réponse. Pour Gaspard Baratuza, cette question est du ressort de la diplomatie après d’amples investigations déjà entamées.

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