déc
31
2015

2015, une année à clôturer absolument selon la population de Bujumbura.

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Pacifique Cubahiro

Les burundais ont l’habitude de fêter à la fin de l’année. 2015 fut une année difficile pour la population de Bujumbura qui vient de passer l’essentiel de l’année dans une insécurité selon Jean Baptiste, un homme d’une trentaine d’années : « Je viens de passer 15 ans dans la capitale je n’avais jamais vécu dans une pareille insécurité. Je vis à Bwiza, mais à chaque nuit nous redoutons d’éventuels crépitements d’armes.» confie-t-il. Malgré cette situation de peur et de tensions permanente en Mairie de Bujumbura, Jean Baptiste a opté de fêter tant qu’il reste en vie, une façon de remercier le Bon Dieu.

Du côté des commerçants, une moindre jubilation.

Natalie est vendeuse de produits alimentaires dans les vestiges de l’ancien marché central. Elle dit avoir fait des bonnes recettes par rapport aux jours précédents. Mais elles sont loin de celles qu’elle avait l’habitude d’encaisser dans ces jours de fêtes. Pour elle, le moins que l’on puisse dire, la pauvreté gagne plusieurs ménages à cause de la crise politico-sécuritaire et les acheteurs sont moins enclin à ouvrir leur porte-monnaie pour faire de grosses dépenses qu’auparavant.
Misago Jean vend des habits pour hommes au centre-ville. Il affirme avoir vendu plusieurs habits mais l’affluence reste faible comparativement aux autres époques en ces jours de fin d’année. En ville, la circulation des personnes étaient plus ou moins ordinaires dans l’après-midi de ce jeudi. Des bus qui se faisaient rares vers la soirée tous les jours de travail étaient nombreux et les passagers ne se bousculaient guère.

Rester chez soi pour mesure de sécurité.

Les gens préfèrent rester à la maison pour être à l’abri d’éventuelles déconvenues sécuritaires pendant les mouvements nocturnes. Une mère des enfants devant un stand des légumes décrit l’ambiance qui puisse régner dans la plupart des ménages : « Si je parviens à cuire assez pour manger, nous partagerons le repas et un peu de bière puis nous attendons que le nouvel an commence, c’est tout. » conclut-elle. Plusieurs jeunes rencontrées déplorent aussi cette situation d’insécurité. Armel est un jeune et aussi chômeur. « C’est une grâce de terminer l’année surtout celle de 2015. Espérons que 2016 sera meilleure et puissions vivre en paix.»

Il regrette ne pas se rendre dans une boîte de nuit, lui qui avait l’habitude de finir l’année en passant une nuit blanche avec ses amis sous les rythmes variés de la musique et cela jusqu’à l’aube. Désormais, pour mesure de sécurité, personne ne peut dépasser 22 heures dans un lieu de loisir public pendant ces jours de fête selon le communiqué du gouvernement à la veille de Noël.

Pendant les fêtes de fin d’année, Bujumbura vivait au rythme de différentes activités de loisir autant pour les plus âgés que les moins âgés et cela pendant la journée que la nuit. Mais l’insécurité que connait Bujumbura depuis le mois de mai dernier a dissuadé même les plus audacieux à rester chez eux dans la nuit du Nouvel An et dans l’espoir que cela se clôture avec 2015.

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