aoû
20
2015

L'investiture du Président Pierre Nkurunziza se fait un jour inattendu et en pleine crise

Le Président Pierre Nkurunziza vient de prêter serment devant le Parlement et les autres invités, notamment des diplomates .
Il le fait en ces mots: « Devant le peuple burundais, seul détenteur de la souveraineté nationale, moi, Pierre NKURUNZIZA, Président de la République du Burundi, je jure fidélité à la Charte de l’Unité Nationale, à la Constitution de la République du Burundi et à la loi et m’engage à consacrer toutes mes forces à la défense des intérêts supérieurs de la nation, à assurer l’unité nationale et la cohésion du peuple burundais, la paix et la justice sociales. Je m’engage à combattre toute idéologie et pratique de génocide et d’exclusion, à promouvoir et à défendre les droits et libertés individuels et collectifs de la personne et du citoyen, et à sauvegarder l’intégrité et l’indépendance de la République du Burundi ».
Pierre Nkurunziza a été élu en pleine crise politico-sécuritaire, entre autre des manifestations contre son mandat jugé 3ème et une tentative de coup d’Etat par le général Godefroid Niyombare. Tentative après laquelle le Président en exercice est rentré dans le pays provenant de la Tanzanie.
Des experts en politique disent qu’il est rentré avec un pouvoir double par lequel il ordonna la police d’utiliser tout moyen possible afin d’arrêter les manifestations le plut tôt possible.
Ces manifestations avaient commencé en date du 25 Avril après la désignation de Pierre Nkurunziza, par son parti politique de provenance (CNDD-FDD), à la candidature présidentielle de 2015.
Dans ces manifestations qui ont duré presque 3 mois, plus de 90 civils ont succombé aux balles de la police selon des rapports internationaux, et à la police de dire avoir agi en fonction de la légitime défense.
D’autres civils sont portés disparus jusqu’à lors, et d’autres encore se comptant autour de 1000 parmi lesquels plus de 60 ont été torturés, sont emprisonnés. Disent toujours les rapports internationaux comme Human Right Watch, l’Organisation des Nation Unis ainsi que l’Amnisty International. Ainsi, plus de 170 milles burundais, y compris certains qui faisaient partie du gouvernement sont en exil dans les pays voisins et plus loin à l’étranger.
La crise ne s’arrête pas par là. Après les élections présidentielles jugées d’exclusives par l’opposition et la communauté internationale, se suivent des assassinats ciblés. D’abord l’attaque à la roquette du Général Adolphe Nshimirimana, bras droit du Président, ensuite l’assassinat d’un ex chef d’état-major, le Colonel Jean Bikomagu après une attaque meurtrière qui a grièvement blessé un défenseur des droits de l’homme, Pierre Claver Mbonimpa. Et ensuite des corps sans vie trouvés ici et là dans la capitale de Bujumbura.
En ce moment la Communauté Internationale ne cessait pas de lancer des cris d’alarme sur ces assassinats qu’elle qualifie de trop.
L’investiture du président Pierre Nkurunziza se fait à l’improviste. Tout le monde attendait la date du 26 Aout. Mais aussi, cette date du 20 Aout semble étonner l’opposition et bien d’autres personnalités importantes, parmi lesquelles l’ex 2ème vice-président Gervais Rufyikiri, le porte-parole du parti présidentiel Onésime Nduwimana, le porte-parole du président lui-même Léonidas Hatungimana, et certains parlementaires en provenance du parti CNDD-FDD.
Il y a peu de jours, ceux-ci avaient déjà établi une liste des membres d’un gouvernement qui débuterait après la date du 26 Aout, date qui était prévue pour l’investiture en question.
Un gouvernement excluant bien sûr la présence des membres du gouvernement actuel.

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