aoû
05
2015

Pour le professeur Adolphe SURURU, la privation du droit d’expression aux gens est une menace pour eux et pour la communauté.

Ça fait un bon bout de temps que les gens soient réduits au silence. Depuis le mois d’Avril dernier, on constate que ceux qui donnent de l’avis qui n’est pas dans la droite ligne avec le troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA en sont victimes d’une façon ou d’une autre. Ceux du parti au pouvoir sont non seulement radiés de leur cercle politique mais encore, certains sont contraints de prendre le large. La question d’emploi pour est jetée dans la nuit des temps. Pour continuer à vivoter, le reste a décidé de se taire. Des fois même les professeurs des Universités que les journalistes contactent pour s’exprimer disent : « Au Burundi, il n’y a plus le droit d’expression, nous avons choisi à nous taire ». Certaines privées radios sont fermées. A ce sujet, le professeur Adolphe SURURU, expert en matière de communication non violente s’exprime en prouvant que la privation du droit de liberté a des conséquences énormes sur le comportement de la société.
D’après le professeur Adolphe SURURU, en s’exprimant l’homme se guérit. Il précise que lorsqu’on est privé de s’exprimer, il y a un mal qui s’installe et chaque douleur emmagasinée est une bombe à retardement. « D’une manière générale l’homme est fait pour s’exprimer » ; précise-t-il, d’une manière verbale ou non verbale. Ce n’est pas parce que les gens ne s’expriment pas qu’ils ne disent rien. Même le silence, même la peur de s’exprimer est une forme de communication. « Vous chassez le naturel, il revient au galop » ; souligne-t-il et les conséquences en sont multiples.
D’une part, à l’endroit du frustré lui-même : il devient malheureux, quelqu’un de négativiste. D’autre part, cet état de frustration transmet des toxines négatives à la communauté. A tout cela, le pouvoir et le peuple devrait chaque fois être en dialogue permanent. Le gouvernement devrait exercer le pouvoir avec le peuple et non exercer le pouvoir sur le peuple. Un peuple qui s’exprime, un peuple qui donne son point de vu, un peuple qui a un mot à dire est un peuple heureux et dans cette logique, ça devient facile à mobiliser la population pour son développement. Le professeur expert, Adolphe SURURU, demande qu’il y ait un regard empathique du pouvoir vis-à-vis de la population et vice versa.
Si la loi aurait été respectée, la liberté d’expression est garantie par la constitution de la République du Burundi. L’article 31 de cet instrument juridique précise que : « La liberté d’expression est garantie. L’Etat respecte la liberté de religion, de pensée, de conscience et d’opinion ».

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